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Un hôpital aux standards européens prêt à l’export

Un hôpital low cost pour les pays émergents

Article de Florence Quille – Le Quotidien du Médecin – 6 juillet 2016

La start-up Lilloise Clinifit a conçu un modèle d’hôpital de jour financièrement accessible aux pays en développement.

Le gouvernement guinéen recherchait un concept d’hôpital a bas coût. Ce pays se disait capable de construire un établissement aux standards européens, mais pas de la faire fonctionner, en raison des coûts trop élevés.
La société Clinifit, basée à Lille, qui groupe une quinzaine de PME dans l’univers l’hospitalier, a relevé le défi. Après deux années de recherche, elle lance aujourd’hui un concept novateur CuraDay, un hôpital exclusivement voué à l’ambulatoire et avec des coûts de fonctionnement très serrés « La problématique posée par le gouvernement guinéen concernait l’accès aux soins pour le plus grand nombre, explique Nicolas Vaillant, directeur général de Clinifit. L’ambulatoire répond a 80 % des besoins de la population et 98 % de la maternité. Nous avons donc opté pour le principe d’un »hôpital d’un jour ». Une structure beaucoup moins lourde qu’un hôpital classique avec ses chambres et étudiée pour alléger les frais de fonctionnement». La société revendique des coûts de construction 20 fois inférieurs grâce justement a la suppression des chambres d’hospitalisation et la réduction des surfaces. La solution du préfabriqué a été retenue: le bâtiment est conçu en « panneaux sandwich » intégrant dans leur paroi les câbles électriques et les réseaux d’alimentation en eau. Fabriqués à Bapaume, dans les Hauts-de-France, et acheminés par containers, ces panneaux sont autoporteurs et ne nécessitent donc aucune structure extérieure préalable L’assemblage sur place demande juste quatre jours de travail à deux personnes.

De nombreux pays africains intéressés

L’établissement garantit pour autant des soins aux normes européennes. Le bâtiment type de 2 000 m2 permet d’assurer 8ooo actes chirurgicaux
par an, 2 000 accouchements et 45 000 consultations, pour un coût de construction inférieur à 5 millions d’euros.

Éclairage scialytique moins gourmand en électricité, dans certains blocs un flux laminaire (lumière spécifique à effet germicide permettant de purifier le plan de travail et son contenu, NDLR).. Le coût de fonctionnement a été revu à la baisse afin de réduire le prix des soins qui est souvent un obstacle pour la population.
« Au Cameroun, par exemple, le prix officiel d’un accouchement est de 45 000 francs CFA (environ 70 euros). Mais en pratique il est souvent facturé
160 000 francs CFA. Dans le CuraDay, nous souhaitons que le tarif soit fixe et public. Pour cela, une délégation de service public sera accordée à l’exploitant, de façon à éviter les dérives et la corruption» explique Nicolas Vaillant. Des audits sont prévus pour contrôler le respect du cahier des charges.
Le dossier guinéen a pris du retard en raison de la situation politique et du changement de gouvernement intervenu l’an dernier. Le mécénat international devrait financer la construction d’un premier CuraDay voué a la maternité et à la pédiatrie.

Cette alternative économique intéresse nombre de pays émergents. Au Cameroun, deux premiers hôpitaux ouvriront leurs portes en 2017 à Douala et Bertoua. Le Togo, le Gabon et Madagascar sont également attirés par le concept. En ces temps de vaches maigres, nos gouvernants pourraient bien prêter attention, eux aussi, à ce concept d’hôpital à bas coûts.

 

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